Les outils du bord servent à améliorer l’autonomie de l’équipage et à participer à la sécurité active du navire. Le blocage d’une pompe de cale ou d’un écrou peuvent, dans certains cas, avoir des conséquences fâcheuses qu’un outil immédiatement disponible aurait pu aisément éviter… Photos de l'auteur
Pour une trousse de base ...
Avec une fabrication faisant la part belle aux aciers inoxydables, les multi-outils reprennent le principe du couteau multilame, né en Suisse en 1891 et popularisé par la marque nationale
Victorinox. Dans les années 1970,
Tim Leatherman développe pour son propre usage un multilame équipé d’une pince et, dans le plus pur esprit entrepreneurial américain, il dépose un brevet.
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Toujours disponible, le multi-outil permet de résoudre rapidement tous les problèmes courants de réparation ou d’entretien. © DR[/caption]
Depuis, l’entreprise du même nom aligne 58 références adaptées à tous les usages. Compact et toujours disponible, le multi-outil propose jusqu’à 25 outils différents, pour visser, couper, scier, serrer, etc. Indispensable à bord, il sera néanmoins réservé à de petits travaux d’urgence en raison de la taille et de la capacité limitée de ses outils.
Longtemps coûteuse, l’offre de multi-outils est désormais plus abordable, avec des instruments de qualité dès 60 €…
Un couteau à lame en inox est indispensable à bord pour pouvoir couper une sangle ou un cordage en urgence, par exemple. Un modèle à lame fixe, bien adapté au matelotage ou à la sécurité, pourra rester à portée de main sur le bateau, à poste sur la console ou à l’entrée de la cabine.
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Indispensable à la sécurité, le couteau marin s’impose à bord. Le modèle à lame crantée est le plus efficace pour trancher n’importe quel cordage textile. © DR[/caption]
Un modèle pliant peut s’emmener partout dans une poche et servir en toute occasion.
Une lame crantée est très efficace sur les cordages, y compris ceux de gros diamètres.
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Une clef plate, à œil et à pipe
Un jeu de clefs métriques de 5 à 22 mm couvrira les besoins courants, à condition de ne pas avoir à bord de la visserie en mesure impériale, parfois utilisée sur certains moteurs, bateaux ou équipements d’origine anglosaxonne.
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Un kit contenant un manche à cliquet (ici de type dynamométrique) et des embouts universels est la solution la plus économique et la moins encombrante pour résoudre tous les problèmes de serrage courants. © DR[/caption]
Les modèles mixtes, plate d’un côté et à oeil de l’autre, permettent de gagner en compacité.
Les clefs à pipe sont les seules à pouvoir travailler sur un écrou encastré. On peut aussi opter pour un système à embouts multiples, avec un porte-outil et des accessoires multiples.
Comme son nom l’indique, elle servira à tout, sauf à serrer les écrous !
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Un modèle multiprise servira de troisième main pour tenir une pièce ou desserrer des éléments. © DR[/caption]
À l’exception des modèles spécifiques à cette tâche, ses mors sont inadaptés à cet usage, et risquent d’arrondir les pans et d’interdire tout démontage ultérieur.
Véritable prolongement de la main, elle gagnera en confort avec un manche gainé.
Outre l’inox, l’acier, l’aluminium ou le laiton, une scie à métaux coupe très bien les stratifiés. Il ne faut pas oublier un jeu de lames de rechange, car elles cassent net si on les force.
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Indispensable pour couper les pièces métalliques, la scie à métaux doit être rigide, avec un système de réglage de tension et de changement de la lame facile à utiliser. © DR[/caption]
À condition d’orienter la denture à la japonaise (coupe en tirant), un manche porte-lame autorise les coupes en arase ou dans les endroits difficiles d’accès.
Un marteau de menuisier suffi t à la plupart des usages, mais il faudra toujours intercaler une cale en bois avant de frapper sur une pièce en inox pour éviter de la polluer avec l’acier de la tête et induire une corrosion.
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Maillet et marteau de menuisier ont des usages complémentaires © DR[/caption]
Dans ce cas, comme pour toutes les surfaces fragiles, l’utilisation d’un maillet est nettement préférable.
Astuce :
Pour des sorties à la journée en zone côtière, un multi-outil, un jeu de clefs et d’embouts de vissage et un rouleau de Grey Tape suffi ront. En croisière, il faudra assumer une plus grande autonomie, en disposant de tout l’outillage nécessaire.
Plate ou cruciforme, la lame d’un tournevis à manche doit impérativement avoir une empreinte et une taille parfaitement adaptées à celle de la tête de la vis à serrer ou desserrer.
Dans le cas contraire, la lame ou la vis risquent de casser ou de se déformer, rendant l’ensemble inopérant.
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Les modèles à lames fixes sont les plus confortables à l’usage, mais il faut multiplier leur nombre pour couvrir toutes les tailles et empreintes de vis. © DR[/caption]
Une erreur courante consiste à choisir un tournevis cruciforme à empreinte Phillips pour démonter une vis Pozidriv. Elles semblent identiques, mais leurs cotes diffèrent (les Pozidriv se distinguent par quatre traits supplémentaires gravés entre les branches de la croix). En cas d’effort important, une lame inadaptée peut déformer l’empreinte au point de rendre tout démontage impossible.
Un jeu de trois tournevis, de 3, 6 et 10 mm, suffira à couvrir la plupart des besoins.
En théorie, elle peut remplacer un jeu entier de clefs plates, mais il faut régler soigneusement l’entraxe des mâchoires pour ne pas endommager les écrous.
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Selon la capacité de ses mâchoires, une clef à molette peut remplacer un jeu de clefs plates, mais son usinage doit être irréprochable. © DR[/caption]
La qualité de l’usinage est la seule garantie de rigidité et de durabilité de cet outil. L’encombrement important de sa tête peut gêner l’accès à l’élément à serrer.
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Des clefs Allen-BTR, Torx et divers
Bien qu’il existe aussi des tournevis à manche adaptés aux empreintes hexacaves (appelées Allen en anglais ou BTR en français) ou sa variante en étoile Torx, on gagnera de la place en utilisant un jeu de clefs Allen coudées, de taille adaptée à la visserie utilisée sur le bateau.
La longueur de la tige permet d’obtenir le couple de serrage optimum de la vis considérée (ne jamais utiliser un levier supplémentaire pour l’augmenter !).
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Parfois compatibles avec les multi-outils, les embouts universels s’adaptent à toutes les empreintes et profitent de très nombreux accessoires (manches à cliquet, cardan, etc.). © DR[/caption]
Dans tous les cas, choisir la bonne taille de clef, car elles se distinguent difficilement, surtout dans les empreintes les plus petites. Même remarque pour les vis Torx, de plus en plus utilisées dans l’industrie. Elles résistent encore mieux aux démontages multiples et les six branches de l’étoile ont un effet cardan qui offre une certaine latitude de placement de la clef (la lame du tournevis pour têtes fendues ou cruciformes doit être maintenue parfaitement perpendiculaire à la vis pour ne pas l’abîmer).
Afin de gagner en compacité, on peut aussi choisir une combinaison manche porte-outil à cliquet et embouts multiples, adaptés à toutes les empreintes de vis. Il vaudra mieux éviter le matériel bas de gamme aux alliages douteux et aux ajustages approximatifs, fragile et peu durable.
Astuce :
Poser ses outils en vrac dans les fonds de coque est la meilleure manière d’obtenir très vite un amas de ferraille rouillée – à l’exception des multi-outils et des couteaux en inox, les outils ne sont généralement pas conçus pour résister à une humidité importante. Une boîte à outils rigide en matériau de synthèse (la tôle rouille) ou une trousse en toile renforcée sont de loin préférables pour stocker le matériel.
Souvent imité, mais rarement égalé, le WD-40 trouve une place naturelle dans la boîte à outils du bord. Ses usages (dégrippant, inhibiteur de corrosion, lubrifiant, protection anti-humidité, etc.) sont d’autant plus nombreux que la marque a décliné toute une gamme d’aérosols divers, nettoyant à contacts, graisse au lithium, lubrifiant sec, dégraissant… Le nec plus ultra !
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La famille des adhésifs comprend des centaines de références, mais un jeu de rubans, Grey Tape, double-face et ruban de masquage est le plus utile. © DR[/caption]
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Des colles et mastics en cartouche
Faciles à stocker, mais peu durables une fois ouverts, de très nombreux produits en cartouche serviront aux réparations ou à la maintenance, collages de pièces de nature différentes ou autres travaux d’étanchéification.
Un pistolet extrudeur permettra d’appliquer et de doser correctement le produit. On veillera à respecter les instructions du fabricant en matière de préparation de surface et de temps de polymérisation.
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Les produits en cartouche, destinés au collage et à l’étanchéité seront le plus utiles à bord. © DR[/caption]
Astuce
N’utilisez jamais un outil à la place d’un autre, car ils ont tous une fonction précise : une pince plate ne remplace pas une clef pour démonter ou serrer un écrou.
Les équipements complémentaires
Choisir un modèle en métal, avec un côté plat et un côté demi-rond, ainsi qu’une râpe à bois à denture moyenne. Une queue de rat (métal et bois) est parfois bien utile pour servir d’alésoir de secours afin d’augmenter à la volée le diamètre d’un perçage, par exemple.
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Un jeu de limes plates, bois et métal, rondes et carrées pourra être utile en cas de réparation d’urgence. © DR[/caption]
La forte capacité de serrage et le système de blocage de la pince-étau sont extrêmement utiles pour servir de troisième main.
Préférer un modèle doté d’une large ouverture et d’une mâchoire assez longue, afin de pouvoir s’adapter à tous les cas de figure.
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Le système de blocage automatique agit comme un serre-joint pour assembler ou serrer temporairement certaines pièces. © DR[/caption]
Astuce
Une planchette en contreplaqué épais fera un bien meilleur plan de travail que le siège ou les bancs du cockpit.
La fiabilité d’un câblage électrique repose sur la qualité du sertissage des connecteurs.
Trop souvent réalisé à la pince plate et à la va-vite, cette opération importante doit être effectuée à l’aide d’une pince à sertir calibrée.
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Indispensable pour assurer la fiabilité des connecteurs, une pince à sertir est très utile à la maintenance du réseau électrique. © DR[/caption]
Fiable et puissante, une perceuse sur batterie s’impose vite pour percer ou visser sans effort.
Une batterie de rechange augmente l’autonomie et elle permet de continuer le travail en attendant la recharge de la précédente, une opération qui peut se faire à l’escale ou avec une station à énergie.
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Le marché des perceuses/visseuses sans fil offre une très large gamme de puissance, de prix et d’encombrement. © DR[/caption]