Les sept équipes engagées dans The Ocean Race Europe 2025 ont pris, ce dimanche à 15 heures, le départ de Gênes, en Italie, pour la cinquième et ultime étape de l’épreuve : un long parcours de 1.600 milles à travers la Méditerranée et jusqu’à la mer Adriatique, direction la baie de Kotor, au Monténégro.
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Départ dans la molle sur cette 5e étape de The Ocean Race Europe. Photo by Lloyd Images / The Ocean Race Europe 2025)[/caption]
Partir au large ou rester à la côte ?
Avec huit jours de mer jusqu’à l’arrivée, les équipages ont été confrontés dès le coup de canon à leur première décision stratégique : miser sur les risées côtières ou tenter leur chance au large ? Ce matin, plusieurs skippers reconnaissaient hésiter sur ce premier choix.
L’Allemand
Boris Herrmann (Team Malizia) décrivait la situation comme « compliquée », tout en se gardant bien de dévoiler son plan. « Après le départ, la question sera de savoir si le vent sera à la côte ou au large. Je pense que l’étape pourrait presque se jouer dès le début – entre ceux qui choisissent le large et ceux qui longent la côte. On verra bien », confiait-il.
Le parcours de cette 5e étape mènera la flotte plein sud depuis Gênes, en passant par une Scoring Gate située à la latitude de Santo Stefano (Sardaigne), puis ils régateront le long d’une série de marques de passage contournant la Corse, la Sardaigne et la Sicile, avant d’aller chercher une marque à l’ouest de la Grèce avant le Monténégro.
Boris Herrmann s’attend à une météo particulièrement complexe : « C’est un long zigzag de huit ou neuf jours, avec beaucoup de détours, d’effets locaux et de petits régimes de vent. Pas de grand champ de vent continu, mais des zones éparses à aller chercher », expliquait-il.
Biotherm en tête au classement général
En tête du classement général avec 12 points d’avance,
Paul Meilhat (Biotherm) et son équipage sont les grands favoris pour la victoire finale mais les comptes occupent les conversations à Gênes. Il reste 16 points en jeu (2 à la Scoring Gate, 7 pour la victoire d’étape et 7 pour la Final Costal Race en baie de Kotor le 20 septembre).
Paul Meilhat et sa co-skipper
Amélie Grassi savent donc qu’ils n’ont pas encore course gagnée. À bord, un changement notable : l’Espagnol
Carlos Manera, spécialiste du Mini 6.50, remplace le Britannique Sam Goodchild. « On ne remplace pas un Sam par un autre Sam ! » plaisante le skipper de Biotherm.
« Carlos a un profil différent mais qui nous correspond parfaitement. Il a une solide expérience en Mini 6.50, en navigation en « foilers », et en équipage comme en solitaire. L’expérience de la navigation en solitaire est essentielle, car avec quatre marins à bord, chacun doit être très autonome. Carlos est polyvalent et l’idée est de ne pas le mettre trop sous pression mais de le garder en confiance. Pour cette étape, c’est donc Amélie qui prendra naturellement la main sur la navigation et la stratégie. »
Derrière Biotherm, quatre équipes – Paprec Arkéa (2e), Team Holcim – PRB (3e), Allagrande Mapei Racing (4e) et Team Malizia (GER) – se livrent une bataille acharnée pour accrocher le podium.
Bon départ pour Mapei et Ambrogio Beccaria
Le départ a été donné dans de petits airs : moins de 5 nœuds de vent, des vitesses oscillantes entre 3 et 4 nœuds. C’est l’Italien
Ambrogio Beccaria (Allagrande Mapei Racing), vainqueur de l’étape 4, qui a pris les devants dès les premières minutes, menant la flotte sur une mer d’huile.
Pour cette étape, son IMOCA transporte le
Nature’s Baton, symbole de l’initiative
Blue Relay, remis au skipper par la maire de Gênes,
Silvia Salis. « C’est une journée magnifique. Des événements sportifs comme celui-ci sont essentiels pour la ville, pour la notoriété de Gênes et pour notre culture du sport », a-t-elle déclaré. « Nous partageons le respect de l’océan et les valeurs universelles du sport : nous parlons donc le même langage. »
Un enthousiasme partagé par
Marco Bucci, président de la région de Ligurie, qui, en tant qu’ancien maire de Gênes, avait le premier fait venir The Ocean Race dans la ville. « La Ligurie fait un effort considérable pour devenir la région méditerranéenne de référence en matière de sports nautiques. Avec The Ocean Race, nous avons des projets de développement importants pour l’avenir, et l’épreuve fera donc partie de notre calendrier sportif dans les années à venir. Elle concernera toute la Ligurie, même si Gênes restera le centre névralgique. Nous travaillons pour que l’événement prenne encore plus d’ampleur et rayonne sur tout notre territoire, car nous voulons que la voile, qui est essentielle pour notre région, devienne l’un des sports principaux pratiqués ici. »
Le Nature's Baton à bord de Mapei
Le
Nature’s Baton, symbole de la protection des océans, circule entre marins, scientifiques et décideurs. Porté depuis Kiel par les équipages de The Ocean Race Europe, il vise à sensibiliser au rôle vital de l’océan dans la régulation du climat et le maintien de la vie sur Terre. Co-créé par The Ocean Race et Peter Thomson, envoyé spécial des
Nations Unies pour l’Océan, il a déjà été présent lors d’événements majeurs tels que la
COP26, le
One Ocean Summit et la
Conférence de l’ONU sur l’Océan (UNOC), organisée à Nice en juin dernier.
Avant le départ,
Ambrogio Beccaria affichait l’ambition de confirmer sa victoire à l’étape 4, tout en gardant les pieds sur terre face à l’incertitude méditerranéenne.
« C’est une course en Méditerranée et nous avons montré que nous étions à l’aise dans cet exercice. Il faut suivre notre plan et voir ce qu’il se passe », expliquait-il. « La météo est si instable et imprévisible ici que l’on ne peut jamais être sûr à 100 % de ses options. Il faut observer les autres, mais aussi rester fidèle à son plan. Copier les autres sans stratégie propre, n’est pas toujours payant. »
Les premiers bords semblent déjà confirmer que l’Italien et son équipe savent jouer à merveille avec les subtilités méditerranéennes...
Source : communiqué de presse The Ocean Race.