Rien ne va plus pour Camavinga
Eduardo Camavinga est entré en jeu pour sauver le Real Madrid. Il l'a coulé. En moins d'une demi-heure sur la pelouse de l'Allianz Arena, le milieu français a résumé à lui seul une saison qui n'en finit plus de déraper, en récoltant un second carton jaune évitable à la 86e minute, laissant ses coéquipiers à dix dans les instants les plus cruciaux d'un quart de finale de Ligue des Champions.
Le plus cruel, c'est le timing. Au moment de son expulsion, le Real venait de revenir à hauteur du Bayern sur l'ensemble de la double confrontation. L'Allianz Arena retenait son souffle, la qualification était là, à portée. Puis Camavinga a gardé le ballon en main après un coup franc sifflé contre lui — un geste anodin, presque instinctif — et l'arbitre slovène Slavko Vincic a sorti le rouge, possiblement sans se souvenir qu'il avait déjà averti le Français huit minutes plus tôt. Son entraîneur Arbeloa, amer en conférence de presse, a parlé d'injustice. Les buts de Luis Diaz et Michael Olise ont fait le reste.
Ce rouge dit pourtant quelque chose de plus profond. Cinq ans après son arrivée en Espagne, Camavinga n'a toujours pas franchi le cap qui ferait de lui un titulaire indiscutable de la Maison Blanche. Longtemps présenté comme l'un des visages de l'avenir madrilène, il traverse aujourd'hui une zone de turbulences qui interroge. Le club lui renouvelle sa confiance — Arbeloa l'a encore rappelé la semaine dernière — mais la patience a ses limites. Et mercredi soir à Munich, elle a pris un sacré coup.