Real Madrid : à cours d’idée, Florentino Pérez songe à rappeler Mourinho !
Il y a des étés qui ressemblent à des naufrages. Celui qui se profile au Real Madrid pourrait bien en faire partie.
Deux saisons sans le moindre trophée majeur, un vestiaire qui échappe à tout contrôle, des recrues à 200 millions d'euros qui déçoivent, et des supporters qui, pour la première fois depuis longtemps, ont osé scander « Florentino, démission » dans les travées du Bernabéu. Le président merengue se retrouve à un carrefour décisif — et les options sur la table sont moins nombreuses qu'on ne le croit.
Le projet Mbappé tourne au fiasco
Tout avait pourtant été pensé pour que ça marche. L'an dernier, la direction madrilène avait misé sur la jeunesse, le potentiel et un profil d'entraîneur moderne pour accompagner ce nouveau cycle. Résultat : une catastrophe en deux actes. D'abord, Xabi Alonso, recrue phare du banc, n'aura tenu que sept mois. L'ancien milieu de terrain, adulé à Leverkusen, s'est heurté de plein fouet à la réalité d'un groupe devenu ingérable depuis l'arrivée de Kylian Mbappé. Incapable d'imposer son autorité sur un vestiaire gangrené par les égos, il a plié bagage avant même que la saison ne soit terminée.
Ensuite, les recrues censées relancer la machine ont toutes fini sur le banc au moment le plus important — face au Bayern Munich, lors d'un rendez-vous européen capital. Près de 200 millions d'euros investis pour un bilan quasi nul à court terme. Emmanuel Petit, ancien international français, ne s'est pas embarrassé de précautions : « Le recrutement de Mbappé est un fiasco. »
La star française, pourtant présentée comme l'avenir radieux du club, cristallise désormais autant les critiques qu'elle suscitait d'attentes. Le problème n'est pas uniquement sportif — il est humain, managérial, presque politique.
Arbeloa dans le flou
En attendant, c'est Álvaro Arbeloa qui tient les rênes. L'ancien latéral droit du Real, promu entraîneur de la première équipe dans des circonstances pour le moins chaotiques, a su tirer son épingle du jeu dans certains matchs de prestige — notamment face au Bayern et Manchester City — et entretient une relation de qualité avec les jeunes issus de la Castilla. Des arguments qui plaident en sa faveur au sein de la direction.
Pourtant, sans titre au palmares cette saison, le maintenir relèverait d'un pari audacieux. Arbeloa lui-même a toujours affiché sa loyauté absolue envers le club, répétant qu'il se plierait à toute décision de la direction. Une posture humble qui lui vaut le respect — mais qui ne suffit pas nécessairement à garantir son avenir.
Mourinho, l'option qui revient au galop
C'est dans ce contexte de désordre et d'incertitude que le nom de José Mourinho a refait surface avec une vigueur inattendue. Le technicien portugais, actuellement en poste à Benfica, s'est laissé courtiser ces derniers mois. Dans son entourage, on ne cache pas qu'un retour au Real Madrid serait accueilli avec enthousiasme. Lui-même, interrogé en conférence de presse sur sa continuité à Lisbonne, a botté en touche avec une formule soigneusement calibrée : « Cela ne dépend pas uniquement de moi. »
Une manière élégante de laisser toutes les portes ouvertes. Car Mourinho connaît mieux que quiconque les rouages du vestiaire madrilène. De 2010 à 2013, il avait réussi l'exploit de tenir tête à Guardiola, de remporter une Liga et de maintenir une discipline de fer dans un groupe pourtant rempli de caractères forts. C'est précisément ce profil — celui d'un manager capable de mettre les stars au pas — dont le Real Madrid semble cruellement manquer aujourd'hui.
Au sein de la direction, plusieurs voix réclament son retour. Il serait le troisième entraîneur à effectuer une deuxième étape sur le banc blanc, après Zidane et Ancelotti. La première expérience du Français avait été décevante en bis ; celle de l'Italien, en revanche, s'était conclue par deux nouvelles Ligue des Champions. Madrid aime les revenants — à condition qu'ils gagnent.
Un mercato sous haute tension
Pour l'heure, aucun contact direct n'a eu lieu entre Mourinho et le club. Mais le timing est favorable, et Mou n'a jamais été homme à laisser passer une opportunité. D'autres pistes ont été explorées — Zidane est lié à la fédération française, Pochettino a montré ses limites face aux vestiaires de stars à Paris, Klopp ne semble pas pressé de reprendre du service.
La décision finale n'interviendra qu'en fin de saison. Mais dans les couloirs du Bernabéu, le ballet des candidats a déjà commencé. Et le premier à s'être manifesté, à avoir fait savoir qu'il était disponible, qu'il était partant — c'est José Mourinho. Le Special One attend son appel.